Carnet de route

Raid dans les Encantats

Le 17/03/2018 par Bruno Richard
En 2 mots : Un bon petit groupe, une destination très jolie, des conditions... pas top du tout !
 
Au départ le vendredi soir Nathalie, Nathaly, Martine, Eric et Bruno en direction des Encantats dans les Pyrénées Espagnoles. Un groupe qui se révélera rapide et efficace sur la neige, et qui ne bronche pas malgré 3 jours de tempête, gardant une très bonne humeur au refuge.
Une halte après Narbonne nous permet de profiter d'une bonne nuit de repos, pour repartir le lendemain car il reste encore quelques heures de voiture.
 
J1 : Montée depuis Pont de Ressec (au dessus d'Artiès) vers le refuge de Restanca. Ça partait pas mal, un peu de soleil et skis aux pieds presque à la voiture, ce qui tombe bien car nos sacs étaient assez lourds (1 semaine de picnics + un peu de matériel chacun). Par contre le temps se gâte rapidement et on se retrouve sur un chemin dans la forêt raide et gelé par endroits, avec le vent et la neige qui picote les joues. Après avoir traversé un lac en passant sur un petit barrage on arrive au refuge. La bonne nouvelle, des douches chaudes ! Quelques autres groupes sont là dont une grosse troupe de Français en famille.
La première nuit est stratégique et permet de détecter les ronfleurs et ceux qui jouent avec leur frontale la nuit, et de perfectionner nos techniques liées aux boules quiès.
 
J2 : Le temps est toujours assez maussade mais la météo nous annonce une après-midi franchement mauvaise. On part donc sans attendre pour tracer jusqu'au collet d'Oelhacrestada. J'arrive au col juste à temps pour voir un groupe de 8 qui tente l'ascension du Montardo. Mais le temps que les autres me rejoignent le jour blanc nous est tombé dessus, visibilité minimale. On suit donc des traces dans le brouillard avant de réaliser qu'elles ne vont pas vers le bon endroit, donc on sort la boussole et le GPS pour trouver notre itinéraire dans le relief un peu compliqué. On arrive sans souci au refuge Ventosa I Cavells pour le picnic. L'après-midi certains font la sieste, pendant que les autres profitent des éclaircies et on se fait 3 descentes dans une neige excellente.
Soirée agréable dans ce joli refuge, par contre les douches sont (très) froides.
 
J3 : La météo nous annonce encore une matinée moyenne, puis une dégradation dans l'après-midi. On part donc vers la Punta Alta où un groupe est resté bloqué la nuit précédente, ils ont dû dormir là-haut car ils n'ont pas retrouvé la descente (gloups). Après une heure de montée le soleil nous accompagne mais il faut se rendre à l'évidence, tout est très chargé, et les pentes sont raides partout. Donc changement de plan, on part vers le Coll de Contraix, qui est assez raide lui aussi. Sortie en crampons en plein soleil, petite descente dans une grosse poudre, puis on remonte vers le pic de Contraix. La montée est chargée, et on atteint le sommet juste à temps pour voir la vue sur le pic d'Aneto avant que le brouillard ne nous enveloppe. Descente dans le blanc, jusqu’à un lac où la vue se dégage un peu, suivi d'une descente en poudre lourde jusqu'en bas de la vallée. Magnifique, traversée de petites passerelles en bois puis remontée au refuge de l'Estany Long dans un temps qui devient tempétueux. Le refuge est presque vide mais heureusement car nous sommes chauffés par une cheminée, c'est la guerre pour obtenir une place au chaud.
 
J4 : La météo s'est dégradée et la tempête a soufflé toute la nuit, 40cm de fraîche dans les bois et un peu plus dans les congères. Un raquettiste part tout seul dans le but de rejoindre un refuge à 20kms de là. Il n'a pas d'arva, pas de bâtons, et le gardien est carrément inquiet. Il me donne quelques tuyaux pour le meilleur cheminement. On se décide à partir malgré un bon vent dans le nez. La traversée de la forêt est sportive, il faut tracer dans la grosse poudre, puis on traverse un lac qui est beaucoup plus facile et qui nous permet de rattraper le raquettiste, qui nous suivra par la suite. Montée dans la forêt sur des pentes très péteuses, obligés de passer 1 par 1 dans une tempête où on ne voit pas grand chose. Heureusement et curieusement il ne fait pas trop froid donc ça va. On arrive au col du Portarro d'Espot, où le vent se calme,le soleil revient et nous permet de profiter d'une excellente poudreuse (tu m'étonnes !) jusqu'à arriver à la lisière de la forêt, où on remonte un petit couloir dans les pins cembro, magnifique avec quelques rayons de soleil.
Par contre en haut du couloir nous sortons des bois, le vent est revenu avec force, et à 3m de l'arrivée au col,  suite à la trace dans la poudre froide, ma peau se décolle complètement (merci Gecko :-/). Nathaly me rejoint pour m'aider, sans succès. Donc Eric me rejoint lui aussi et là patatras, notre poids cumulé provoque le déclenchement à distance d'une plaque 20m au-dessus de nous. On est bousculés sur 5 ou 10m par l'avalanche. Pas de bobos, mais Nathaly a fait un roulé-boulé dans la neige, et tout le monde est bien secoué. D'autant plus que la suite du chemin jusqu'au refuge d'Amitges est difficile à trouver, et la dernière pente fait une centaine de mètres, bien raide et très chargée. Donc montée 1 par 1 encore, chacun faisant la vigie pour le suivant, pour arriver dans le refuge bien chaud, sympa et avec des douches chaudes (aaaah yeees !).
Dans la soirée vers 21h 16 raquettistes Bordelais vont arriver, en bravant la nuit, la tempête et la pente très chargée... Gloups !
 
J5 : Après une nuit où on a pas bien dormi, la tempête est toujours là malgré la météo qui nous annonçait une accalmie. La suite de la route est compromise, des pentes à 30° partout. Donc difficile décision de redescendre en vallée vers Espot, et notre voiture est à 170kms de là, en faisant un gros détour par le sud du massif ! Heureusement on tombe sur un taxi 4x4 qui nous trouve un plan B (ou C) et nous monte vers une station de ski au nord. La station est fermée car le vent est furieux, mais on peut y passer quand même en ski de rando. On remonte donc les pistes avec le vent dans le nez, puis au sommet on s'abrite dans la cabane du haut d'un télésiège. Des pisteurs arrivent, commencent par nous enguirlander puis nous proposent très gentiment de nous tracter en skidoo jusqu'au bout des pistes. On se régale malgré le vent dans le nez, tous accrochés à la motoneige. Ensuite un bus de la station monte exprès pour nous récupérer et nous ramener en bas, où il fait grand soleil sans vent ! On prend ensuite un train touristique, un bus, quelques tapas dans un bar, puis un taxi qui nous ramène à la voiture.
Et comme on a un jour de rab, on part se faire une journée de visite de Toulouse, douche, gros resto et nuit bien au chaud.
 






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