Carnet de route
Raid Mont Blanc J2 : une de ces journées dont j'ai le secret
Le 11/04/2026 par Guillaume Bachelier
Les premières lueurs passées, on traverse les séracs tombés la veille sur le chemin du Requin avant d’entamer la descente dans les bosses version neige béton jusqu’à la salle à manger. Les dents en claquent encore ! Vous me rappelez pourquoi on aime ce sport ?? Juste parce qu’il y a des beautés uniques là-haut : les projecteurs commencent à se braquer sur la dent du géant et ses glaciers suspendus. Une invitation au voyage.
Guillaume, c’est par où que ça passe ? Depuis hier, c’est le grand mystère
. Parce qu’il faut quand avoir même la foi chevillée au corps pour imaginer un cheminement entre les barres rocheuses pour atteindre la fameuse Brêche Puiseux ! La petite surprise, c’est qu’il faudra tracer intégralement le couloir
. Et c’est là que c’est bien pratique d’avoir un Hector et un Christophe sous la main ! Petite initiation pour notre jeune padawan jusqu’au crux final où Christophe nous mettra une petite corde pour assurer un rétablissement sur un rocher au sortir du couloir
. La suite ? Tranquille : un rappel à 6 perchés une arrête effilée, la routine quoi !
La suite ne sera qu’émerveillement et volupté. Aiguilles effilées, glacier de toute beauté glissant sous les imposantes Grandes Jorasses, rocher monumental digne des Iles de Pâques. Tout y est pour graver à jamais ces images au fond de nos synapses. Et que dire de la neige ? Sans aucun doute la meilleure de tout le raid entre poudre dense et transfo parfaite. Pas une fausse note. Oui, c’est bien pour ça qu’on fait ce sport
.
D’aucuns auraient pu croire qu’on avait déjà amplement mérité notre bière. Ce serait sans se rappeler la phrase d’introduction
. C’est que faut remonter au couvercle maintenant ! Névé agonisant sinuant sous le regard menaçant des moraines, petit pas d’escalade, autocuiseur réglé sur légumes (c’est l’effet couvercle
) et pour couronner le tout une langue de neige cinglant la falaise du délivroir que l’on remontera au piolet (et crampons c’est selon) pour clôturer nos 10h d’aventures intenses dans l’un des plus beaux panoramas du massif.
Guillaume




